NYC – Jour 1
Une journee particuliere, debout a 7 heures a Paris, couche vers 1 heure dehors limite sous la pluie a Staten Island, quelque chose comme 5800 kilometres plus loin.
Il est sept heures, je sors tout juste de mon lit, une de ces journees historiques dans une vie commence, le 27 juin 2005.
Je porte un sentiment qui m’est inconnu depuis quelques jours et il se fait ressentir plus encore ce matin, un melange d’excitation, d’apprehensions, de questions sans reponses, d’empressement et j’en oublie certainement, enfin un coktail deroutant. Ce sentiment mis a part, je commence ma journee comme toutes les autres, je me leve, je regarde mes emails et je prend un bon petit dejeuner. Voila, apres ca, cette journee n’aura plus rien de “traditionnelle”.
A present, il faut terminer de preparer la valise, beaucoup d’attention autour de ca, l’oubli n’etant pas une option. Je verifie donc tout ce qui est verifiable, les vetements, les papiers importants, le visa… , ceci autant de fois que j’ai le temps de les verifier, et avec l’aide de mes parents. Tout semble etre bon, comment en etre certain? Pas possible, j’ai fait tout ce que j’ai pu, de toute facon, je le saurais tres vite sur place si j’ai oublie quelque chose.
Il est a peu pres midi et demi, c’est parti pour le repas, il fut vraiment bon accessoirement, enfin prepare avec tellement d’attention… L’ambiance commence a devenir un peu speciale, chacun semble prendre la situation avec un oeil different, aucune tension sensible, simplement un moment que chacun sait, pas comme les autres. Suivant le dicton “On est jamais trop prudent”, je suis reparti pour une derniere verification de mes affaires et… de mon ordinateur, accessoirement, je vais travailler ces prochains 6 mois dessus, il faut donc tout simplement que je m’assure que tout est bien prevu pour qu’il tienne le coup jusqu’a mon retour.
Il est a present environ 14 heures, c’est l’heure de partir, l’avion decolle a 17 heures, mais la encore, la prudence est de mise. Dernier tour de la maison, je prends au dernier moment un petit paquet de photos des gens a qui je tiens, c’est toujours sympa en cas de coup dur, en fait, je commence tout juste a realiser que 6 mois, ca vas peut etre long sur certains aspects.
En route pour Roissy, bien que le quartier apres quelques annees me soit famillier, je le regardes avec beaucoup d’attention, comme si c’etait la derniere fois. Le moral n’est pas mauvais ou triste pour autant, les conversations sur le trajet sont globalement, normales. Arrivee a l’aeroport, l’esprit de tout le monde est plus occupe a s’assurer que tout est la, tout est en regle, que rien ne manque. L’ironie a voulu que le moyen le plus simple de partager un dernier repas avec mes parent soit, un McDonald, pensez au film “Super Size Me”, et vous aurez une idee de ce a quoi je pensais a ce moment la. Mes parents sont la, autour de moi, on profite de nos derniers moments ensemble… je m’en rend compte mais sans arriver a imaginer que je vais devoir vivre completement sans eux pendant six mois, et meme, loin de tout ceux que je connais. L’inconnu.
C’est l’heure d’embarquer, les derniers mots, un echange de bisous plein d’emotions, et c’est parti pour la file d’attente qui menne a la verification du visa, quelques regards avant de franchir cette verification et puis voila, plus rien, ca a ete plus vite que j’avais imagine. Comment ca, j’ai pas eu le temps de leurs dire aurevoir comme il se doit, bon, c’est loin d’etre ideal, mais j’essaye de rattraper la situation avec le telephone portable. Je suis content de l’avoir fait, mais ce a quoi je ne m’attendais pas, c’est entendre la voix de ma maman, faible et tremblante, un moment difficile qui m’a fait realiser encore un peu plus la situation.
Les verifications sont effectuees, me voila dans l’avion, content mais decu d’etre au milieu, pas le droit au hublot donc. C’est donc parti pour 8 heures assis. Rien de bien passionnant a raconter dans cette etape de la journee, j’etait assis, j’ai lu deux ou trois magazines, regarde le film “The Incredibles” (Les Indestructibles), et dormi. Me voila arrive a l’aeroport de New York, JFK, il est 20 heures, donc 2 heures du matin en France, le sommeil dans l’avion etant tres leger, la fatigue commence a se faire ressentir mais l’excitation d’etre arrive semble prendre le dessus.
Encore une serie de verifications de papiers avant de sortir de l’aeroport, des situations amusantes pour bien commencer mon arrivee, un des formulaires a remplir dans l’avion demandais si l’on apportait des denrees alimentaires avec soit, ne cherchant pas de problemes, j’ai coche oui, meme si c’etait que pour un pain au chocolat (que j’ai mange dans l’avion), donc forcement a l’arrivee il m’ont demande ce que j’apportais, je ne savais pas dire pain au chocolat, et avec le stress, j’ai meme pas su leur dire que je l’avais deja mange, un francais m’a aide a gerer la situation. Bon apres il a fallu attendre l’arrivee de ma valise, un peu inquiet apres 30 minutes d’attente, je ne la voyais pas, j’attendais les valise du mauvais avion. On mettra tout ca sur le compte de la fatigue.
Me voila sorti de l’aeroport, il fait chaud et tres humide. Deux solutions s’offrent a moi, payer 50 dollars un taxi pour m’amener chez Albert (la personne que j’ai rencontre sur internet et qui est sence m’heberger…) ou me debrouiller seul avec ma grosse valise, mon sac, mon parapluie rien de tres pratique pour partir a l’aventure, mais… vas pour cette option, 50 dollars, jprefere me les garder.
Donc c’est parti, jsors mon plan de metro de New York que j’avais imprime quelques heures auparavant. Premiere etape, prendre le shuttle, sorte de navette qui vas m’emmener depuis l’aeroport jusqu’au metro, me voila arrive arrive devant le metro que je cherchais, en l’occurance, la ligne A, tout est en anglais, c’est tres deroutant au debut, mais tout parait logique et clair, donc j’avance confiant. Me voila dans le metro de la ligne A design interessant, pas pire pas mieux qu’en France quoi, apres une bonne demi- heure de trajet, j’arrive a ma destination “Chamber Street”, pas encore perdu, content.
Il me faut maintenant marcher vers le sud pour rejoindre le Ferry qui me menera a Staten Island, je demande simplement a une passante mon chemin, elle m’indique dans un language que j’ai plus ou moins su dechiffrer ma route et elle me dit “Bon courage”, en francais oui, elle a du reconnaitre mon accent, comment a elle fait? Donc voila, je marche vaillant, ma valise d’une main, mon parapluie l’autre, je passe devant d’immences buildings, et puis d’un coup un trou enorme avec une grille sur laquelle etait affiche tout un historique, j’etait devant le WTC (World Trade Center), impressionne et triste a la fois mais surtout la meme incomprehension que j’avais eu ce 11 septembre 2001 quand j’ai apris la nouvelle. Je dois neanmoins continuer mon chemin, je suis encore loin d’etre arrive, je suis quelque peu perdu dans cet endroit qui me sera si famillier quelques semaines plus tard, je suis un peu inquiet pour ma valise qui traverse des sortes d’enormes flaques d’eau, mais la priorite est de trouver mon chemin donc je n’y prette pas plus attention que ca. Trois quart d’heures apres etre sorti du metro, je trouve enfin le Ferry, me voila de nouveau soulage d’etre encore dans la bonne direction.
La surprise fut bonne, le Ferry qui relie Manhattan a Staten Island est gratuit. J’embarque donc, je me place a l’avant pour admirer un peu la vue, seconde surprise, je voyais pour la premiere fois, cette statue dont j’avais toujours entendu parler, la Statue de la Liberte. Il est 23 heures, donc 5 heures en france, comme promis, j’appelle ma maman pour la rassurer, c’est encore avec beaucoup d’emotion que je lui raconte que tout vas bien, que l’avion est pas tombe, et que j’ai cette statue devant les yeux. La traversee est sympathique, pas trop longue, environ une demi-heure, et me voila arrive a Staten Island, j’y suis presque.
Je sors a present la carte que m’avais dessine Albert pour m’indiquer le chemin a parcourir pour trouver sa maison, il m’a fallu un peu de temps pour me reperer, mais finalement apres 20 minutes de marche, la fatigue commencait a se faire grande mais je me trouvais devant cette maison dont il m’avait envoye une photo. Il est environ minuit, Albert m’avais dit que les autres collocataires etaient prevenus de mon arrivee tardive, je sonne donc. Rien. Je recommence disons une bonne vingtaine de fois pendant une heure, il devaient avoir le sommeil lourd. Toujours rien donc, fatigue, affaibli par la pluie et la fraicheur de la nuit, je me decide donc a m’allonger sous un endroit protege de la pluie mais neanmoins par terre, j’ouvre donc ma valise et sors un de ces pulls que je n’avais pas prevu de sortir avant l’hiver… et je tente de m’endormir.
Deux heures plus tard, une personne me reveille, il se trouves que c’etait un de mes collocataires, et qui plus est, il etait francais. Cette nuit la, il est rentre plus tard que prevu, un tournoi de pocker qui a dure longtemps.. La chance ne m’avais donc pas quitte. Je rentre donc au chaud, et je decouvre ma chambre, pas le grand luxe mais ayant dormi par terre deux heures auparavant, la vue d’un lit m’a parru comme magique. Je pose donc ma valise, passe un coup de fil a la maman pour dire que je suis bien arrive a destination et que je vais toujours bien, et puis… je m’ecroule sur le lit.
Voila, cette journee a dure 26 heures, et tout comme je la raconte apres plus de trois mois, je pense que toute ma vie, elle restera un grand souvenir.